Biographie

Biographie

Né le 21 juillet 1920 à Tlemcen dans une famille cultivée d’artisans, Mohammed Dib fait des études primaires et secondaires en français. En 1931, il obtient ses deux certificats d’études, “l’indigène” et “l’européen”, l’année même où il perd son père, mort d’une pneumonie. Sa mère reste veuve avec six enfants, dont il est l’aîné.

Dès son baccalauréat obtenu, il exerce comme instituteur de village pendant une année, puis comme comptable, interprète français-anglais auprès de l’armée américaine, dessinateur de maquettes de tapis, journaliste, naviguant ainsi dans différents milieux de la classe moyenne algérienne, et côtoyant les petites gens dont il fait siennes les aspirations dans ses premiers romans.

Sa participation, du 23 février au 13 mars 1948, aux Rencontres de Sidi Madani, près de Blida sera décisive dans le démarrage de sa carrière d’écrivain. Ces rencontres entre artistes et intellectuels de France et écrivains et artistes d’Algérie étaient organisées, sous forme de courtes résidences, par les Mouvements de la jeunesse dans un ancien hôtel transformé en Centre éducatif. Mohammed Dib y séjourna au même moment que Louis Guilloux, le philosophe Brice Parain, Jean Cayrol, Jean Sénac, Albert Camus, avec lesquels il liera une amitié durable.  Grâce à Jean Cayrol et à Emmanuel Roblès, il bénéficiera de solides appuis aux éditions du Seuil.

Dès ses premiers écrits, son talent est reconnu et, lorsqu’en 1959, il quitte sa terre natale pour la France, il représente déjà, aux yeux de l’intelligentsia française, l’une des consciences vives de l’Algérie en lutte. Il s’installe définitivement en France, tout d’abord sur la Côte d’Azur, puis, en 1964, dans la région parisienne. A partir de 1970 il effectue des séjours dans différents pays, notamment aux États-Unis et en Finlande où il s’attarde volontiers et dont plusieurs romans portent une forte empreinte. Des universités de renom l’invitent pour des cycles de conférences et il produit nombre d’articles et interviews qui manifestent une réflexion critique du plus haut intérêt sur sa pratique d’écriture et sur le champ culturel dans lequel elle est apparue. De 1983 à 1986 il enseigne l’écriture littéraire à la Sorbonne.

Écrivain complet, Mohammed Dib s’impose, au fil du temps, aussi bien dans la poésie, le roman que la nouvelle, travaillant simultanément ou en alternance dans chacun de ces genres. De nombreux prix récompensent son œuvre. Le Grand prix de la Francophonie de l’Académie française lui est décerné en 1994. Le prix est attribué pour la première fois à un écrivain maghrébin.

Il s’éteint à son domicile le 2 mai 2003 à 83 ans, quelques mois après la parution de ses deux nouveaux livres : L.A. Trip (La Différence) et Simorgh (Albin Michel), qu’il aura eu la joie de tenir entre ses mains. L’année 2003 verra également la réédition des deux derniers romans de sa “trilogie nordique” : Le sommeil d’Eve et Neiges de marbre (La Différence) et du conte L’histoire du chat qui boude dans une nouvelle version (Albin Michel Jeunesse). Il venait d’achever sa nouvelle Laëzza, qui sera publiée en 2006 avec d’autres textes de lui (Albin Michel).

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